INFJ OU INFP ?
3 DIFFÉRENCES RADICALES

Dans mes échanges avec les personnes qui suivent mon travail, une préoccupation qui revient TRÈS souvent est la suivante :

« Je me demande quel est mon vrai type de personnalité, je ne parviens pas à trancher entre INFJ et INFP parce que je me reconnais dans les deux ». 

Au gré de mes expériences, je suis régulièrement confrontée à des erreurs de typage : une personne se définit en tant que type XYZ, sauf que dans sa communication, le choix de ses mots, les points de vue exprimés, les récits de vie relatés, de nombreux éléments révèlent l’utilisation récurrente de fonctions cognitives qui ne correspondent pas aux préférences naturelles du type XYZ.

Généralement, je ne dis rien (sauf si la personne me demande mon avis sur la question). Car je sais qu’il peut être difficile « d’abandonner » un type auquel on finit par s’identifier.

La confusion entre INFJ et INFP est un grand classique. Si vous-même vous doutez, ou si vous vous êtes trompé.e au sujet de votre type MBTI,
ça peut se comprendre : les descriptions trouvées sur internet et les portraits décrits dans les résultats des tests alimentent largement le malentendu.

Aujourd’hui, voici de quoi trancher sérieusement, avec 3 différences radicales qui distinguent les types INFJ et INFP, développées avec brio
par La Chouette.

INFP / INFJ : LE JOUR ET LA NUIT ?

L’INFJ et l’INFP sont deux profils souvent décrits comme étant très ressemblants… Pourtant, ils n’ont rien en commun dans leur fonctionnement !

Dans ce cas, comment se fait-il qu’autant de gens (dont peut-être vous ?) ne parviennent pas à trancher entre les deux ou s’identifient au mauvais type ?

J’ai tenté d’identifier les points qui me semblent participer le plus à ces doutes et ces confusions. Voici donc 3 différences clés entre les INFJ et les INFP, qui vous permettront, je l’espère, de les différencier une fois pour toutes.

1. QUELLE EST LA PLACE DE VOTRE IDENTITÉ DANS VOS DÉCISIONS ?

INFJ

Avec Fe auxiliaire, les INFJ sont des décideurs extravertis. Autrement dit, ils s’appuient plus sur le spectre des opinions extérieures (Fe) que sur leurs propres pensées (Ti) pour prendre des décisions. Si vous êtes INFJ, vous vous intéressez naturellement à l’avis des autres, cherchez à leur faire plaisir et êtes sensible à ce qui est socialement acceptable ou non.

Cela ne signifie pas que vous allez toujours faire comme tout le monde et ne jamais remettre en question la parole populaire ! Cependant, vous avez besoin de connaître le point de vue des autres et appréciez les consulter.

Vous pouvez vous sentir angoissé lorsque vous vous écartez trop de la norme, car cela menace l’harmonie sociale (en plus d’attirer les regards, ce qui n’enchante pas votre fonction Se inférieure). Ainsi, les INFJ ont tendance à se construire un masque social tenace, cachant les parties les plus profondes de leur personnalité.

En tant qu’INFJ, la différenciation de votre tertiaire Ti va petit à petit vous aider à équilibrer cet aspect de votre fonctionnement. Vous allez découvrir que vous avez le droit d’avoir vos propres idées, quand bien même elles ne sont pas validées par les autres, et apprendrez à les exprimer avec plus d’assurance.

Ce n’est pas le plus grand déséquilibre auquel doit faire face un INFJ dans sa vie. Ils rencontrent surtout ce type de problème durant leur enfance, leur adolescence et le début de leur vie d’adulte. (Bien que certains INFJ, très portés sur Fe, aient plus de mal à conscientiser Ti et vivent plus durablement ces difficultés.)

INFP

Si vous êtes INFP, les choses se passent très différemment. Vous êtes plutôt focalisé sur ce qui est important pour vous… bien que vous osiez rarement le clamer haut et fort !

Comme les INFP ont du mal à communiquer leurs idées (cf point 2), celles-ci sont souvent ignorées ou rejetées par les autres. Il est possible qu’à l’instar de nombreux confrères INFP, vous ayez développé un gros manque de confiance en vous à force de voir votre fonctionnement dévalorisé.

Ceci peut laisser croire que votre type n’est pas très porté sur l’affirmation de soi. En réalité, il est fondamental pour un INFP de rester le plus fidèle à lui-même possible. Il s’interroge sans cesse sur ce qu’il aime ou déteste, sur ce qu’il trouve juste ou injuste, et sur ce qui fait sens à ses yeux. 

Là où les INFJ tendent à négliger leur bien-être, il est très compliqué pour vous, INFP, de vous forcer à faire des choses jugées ennuyeuses. Logique, puisque vous êtes fortement conscient de vos sentiments.

Si vous avez développé un système de valeurs morales (ce qui a de fortes chances d’être le cas), vous l’intégrez profondément à votre identité et essayez d’agir un maximum en adéquation avec lui. Si vous n’y parvenez pas, vous pouvez éprouver une grande culpabilité et vous perdre dans de profondes réflexions : que devriez-vous donc faire pour devenir quelqu’un de meilleur ?

Quand ils sont plongés dans leurs angoisses, les INFJ se soucient plus de leurs interactions avec les gens que de leurs qualités morales intrinsèques. Ils s’intéressent plus à la façon dont ils agissent sur le monde extérieur (décision extravertie) qu’à la façon dont ils se définissent (décision introvertie).

Etant si concentrés sur leur processus de décision interne, les INFP sont, en toute logique, très peu réceptifs aux avis extérieurs. Du moins, quand cela concerne leur Fi. Si vous êtes INFP, vous êtes probablement friand d’échanges avec les autres et aimez explorer de nouvelles idées (Ne). Toutefois, aviez-vous remarqué que vous absorbiez beaucoup moins les informations, dès lors qu’elles cherchaient à influencer votre identité ?

Cela peut donner des situations en apparence contradictoires, où vous demandez l’avis des autres sur qui vous êtes, avant de rejeter leurs réponses. Ces interventions ne sont pourtant pas vaines, vous le savez : lorsque vous agissez ainsi, vous manifestez votre fonction inférieure Te, en quête d’avis extérieurs. Vous avez simplement besoin d’énormément de temps pour analyser les éléments récoltés par ce biais et les intégrer à votre Fi.

Il arrive que des INFP bâtissent une personnalité de façade, afin d’éviter de s’attirer les foudres des autres. Après tout, nous sommes tous dotés d’un instinct de survie, et Dieu sait à quel point certains environnements sont des jungles… Cependant, là où l’INFJ est endurant dans cet exercice, ce dernier est contre-nature et très inconfortable pour un INFP. Si vous êtes de ce type, vous allez rapidement vous sentir étouffé.

Lorsque les contraintes extérieures (telles que des règles ou une pression sociale trop forte) vous empêchent d’agir authentiquement, vous trouvez des moyens plus subtils de manifester votre identité. Par exemple, à travers votre habillement ou les mots que vous utilisez pour vous décrire.

2. QUEL EST VOTRE STYLE DE COMMUNICATION ?

INFJ

INFJ et INFP ont des styles de communication distincts. Bien qu’il soit possible pour l’un d’imiter l’autre en réalisant un effort conscient, le naturel revient toujours au galop !

Les INFJ passent du temps à mettre leurs idées en ordre dans leur esprit. Si vous êtes INFJ, votre fonction Ni les creuse le plus en profondeur possible afin d’en dégager l’essence, tandis que votre fonction Ti les classifie de la manière la plus « propre » possible.

C’est pourquoi, lorsque vous exprimez le fond de votre pensée, vous le faites de manière structurée. Les INFJ se sentent généralement à l’aise pour concevoir des plans et communiquer les informations d’une manière compréhensible par autrui. De plus, avec votre auxiliaire Fe, vous êtes naturellement attentif à la manière dont vos réflexions vont être perçues.

Si vous pouvez parfois être trop verbeux et infliger des monologues interminables à votre interlocuteur, votre propos n’en sera pas moins ordonné, avec des éléments qui s’enchaînent de façon logique et un point d’horizon qui n’est jamais perdu de vue. Il est rare que l’on vous reproche à vous, INFJ, de manquer de clarté ou de ne pas suffisamment aérer votre texte.

En revanche, il est fréquent que vous pratiquiez l’autocensure par désir de correspondre aux attentes extérieures : vous avez peur de choquer, de peser sur l’autre, de trop attirer l’attention… Vous pourrez ensuite regretter d’avoir contourné votre véritable pensée (Ti), en vous dissimulant derrière des broderies verbales à base de Fe. Ou à l’inverse, déplorer d’avoir lâché votre Ti (pour changer) et vexé votre auditoire avec.

Votre style plutôt carré et décisif pourra aussi donner l’impression que vous souhaitez imposer votre « vérité » à votre interlocuteur, même si vous vous sentez parfaitement ouvert à l’altérité. Cela s’explique par le fait que vous communiquez avec une fonction de décision, alors que vous êtes un observateur en votre for intérieur.

INFP

Avec leur Ne-auxiliaire, les INFP préfèrent s’exprimer par petites touches, en se laissant porter par le fil de leurs idées. En tant qu’INFP, vous êtes davantage focalisé sur l’expression de votre authenticité (Fi) que sur le besoin de plaire aux autres.

Votre propos est par conséquent plus spontané et chaotique. Avec votre fonction Te inférieure, vous avez des difficultés à hiérarchiser les données et empruntez divers détours avant de toucher l’essence de votre pensée. Vous avez besoin de parler ou écrire pendant un long moment, parfois en emmenant votre interlocuteur sur de fausses pistes, avant de parvenir enfin à transmettre ce que vous avez sur le cœur.

Vous pouvez donner l’impression de ne pas savoir ce que vous voulez :
en réalité, vous en avez souvent une idée précise ! C’est juste qu’il est très difficile pour vous de traduire ce ressenti avec des mots. A l’inverse de l’INFJ, vous vous avérez plus à cheval sur vos principes que vous ne le laissez supposer avec votre auxiliaire Ne. (Car votre dominante est une fonction de décision introvertie.)

Certains INFP parviennent à exprimer leurs idées de manière structurée, mais contrairement aux INFJ, cette opération leur demande un effort. Si vous, INFP, deviez constamment procéder de cette manière, vous seriez vite épuisé.

Notons également qu’il est très important pour certains INFP de ne pas mettre autrui dans l’embarras. Si vous faites partie de ceux-là, vous allez faire en sorte de vous plier aux attentes extérieures. Cela va provoquer un conflit interne entre le respect de votre identité et le maintien de l’harmonie sociale. Cette bataille se jouant au cœur de votre dominante Fi, vous vous en sentirez très préoccupé. Un INFJ, lui, peut assez facilement écraser sa tertiaire Ti avec son auxiliaire Fe – du moins, jusqu’à un certain âge.

3. COMMENT VOUS DÉVOILEZ-VOUS AUX AUTRES ?

INFJ

Les INFJ paraissent en général beaucoup plus consensuels qu’ils ne le sont réellement. Fe étant la fonction la plus visible chez vous, INFJ, vous dissimulez la plus grande partie de ce qui fait de vous un être original et unique. Vous réservez vos fantaisies Ni ou vos opinions piquantes Ti pour des cadres spécialement dédiés : votre cercle d’intimes, votre métier, un espace d’échange en ligne…

La plupart du temps, vous exprimez donc peu votre individualité et êtes focalisé sur les personnes autour de vous. Vous sondez l’environnement, allez à la rencontre des autres, posez des questions, le tout en prenant soin de ne pas trop vous exposer vous-même. Ce serait dramatique si les gens vous fuyaient en découvrant combien votre vraie nature s’éloigne de votre masque social !

Comme Fe retranscrit facilement vos ressentis en mots, vos affirmations paraissent assez tranchées et vous semblez à l’aise pour vous dévoiler. De fait, vous partagez sans problème ce que vous ressentez, à condition de vous sentir entouré d’interlocuteurs bienveillants.

Cependant, vous peinez à retranscrire la profondeur de votre intuition introvertie (trop abstraite pour être traduisible par le langage) et vous vous sentez peu confiant vis-à-vis des opinions construites par votre pensée introvertie. Votre fonction Fe fait office de bouclier protecteur, dissimulant vos luttes internes derrière une aisance verbale apparente.

Cette impossibilité de montrer votre univers tel qu’il est vous rend parfois frustré, mais vous gardez ce sentiment pour vous : après tout, le plus important est de satisfaire votre interlocuteur !

Toutefois, à mesure que votre Ti émerge, vous ressentez de plus en plus le besoin de vous recentrer sur qui vous êtes réellement. Un long travail personnel sera nécessaire pour trouver et renforcer cette connexion, si naturelle chez l’INFP.

INFP

Les INFP sont moins pudiques que les INFJ avec leur intuition, celle-ci étant extravertie. Quand ils se sentent en confiance dans leur environnement social, ils vont plus facilement dévoiler leurs traits atypiques. Par exemple, en tant qu’INFP, vous appréciez sans doute raconter des histoires loufoques à vos amis ou leur parler en détail de votre passion pour l’occultisme. (Ou tout autre hobby décalé.)

Les autres remarquent que vous êtes ouvert d’esprit et à l’aise pour parler de toute sorte de sujets « exotiques » : difficile de vous choquer, tant qu’on ne va pas à l’encontre directe de vos valeurs.

Cette ouverture peut tout à fait exister chez l’INFJ : néanmoins, en tant qu’INFJ, il sera compliqué pour vous de signaler à l’autre que vous êtes enclin à explorer ce terrain. Vous pourrez même passer pour quelqu’un de fermé et conformiste, alors que votre Fe protégeait simplement vos fonctions introverties par instinct.

En ce qui concerne leurs émotions ou leur vision personnelle du monde, les INFP varient considérablement leur degré de dévoilement selon le contexte. En tant qu’INFP, vous essayez de protéger votre Fi dans la majorité des situations. Vous restez en retrait et affirmez peu vos opinions, tout en ayant quelque chose de foncièrement authentique dans votre façon d’être.

Les personnes traditionnelles vous reprochent sans doute d’être un peu étrange ou trop dans les nuages… Et contrairement aux INFJ, vous auriez bien du mal à dissimuler cette part de vous.

Malgré cela, dans un contexte plus privé et/ou sécure, il est fort probable que vous deveniez beaucoup plus bavard avec votre Fi. D’ailleurs, il n’est pas rare que les INFP réalisent plus tard en avoir trop dit sur leurs états intérieurs, se sentent « mis à nus » et aient envie d’effacer les traces. Si un INFJ regrette de s’être trop dévoilé, ce sera plutôt parce qu’il pense avoir rompu l’harmonie sociale en diffusant des propos gênants.

Nous arrivons à la fin de cet article. J’espère qu’il vous a éclairé sur les divergences entre INFJ et INFP. Pour votre gouverne, je n’ai pas terminé de mettre à jour des vieux contenus : on se retrouve prochainement pour un dossier similaire sur l’INTJ et l’INTP !

La Chouette 

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7 réflexions sur “INFJ ou INFP ? 3 différences radicales”

  1. Bonjour
    Je voudrai savoir si les sujets des prochains article de la Chouette sont planifiée. Et surtout proposer un sujets dont j’aimerai connaitre votre avis.
    Chaque fonction cognitive à sa place et j’aimerai approfondir le terme « à sa place ».
    J’ai lu des mot comme héros/anti-héros; parent/parent critique; éternel enfant/filou ; persona/Demon.
    Je me pose la question, quel est l’impact des fonctions d’ombre sur nous-même.
    Bonne Journée

    1. Fabienne - PsychoPersonnalité

      Bonsoir Élodie, ça tombe bien : je travaille actuellement sur un article où les fonctions de l’ombre seront abordées. Publication prévue en fin de semaine prochaine 🙂

  2. Bonjour la Chouette et merci pour cet article très intéressant qui me touche particulièrement.

    Pour préciser le contexte dans lequel je t’écris, je m’identifie INFP depuis quelques mois (notamment grâce à l’article que tu as pondu à ce propos sur ton blog, donc boum, un merci au passage), mais j’ai eu quelques doutes en découvrant plus avant le MBTI et les fonctions cognitives.

    Si dorénavant je n’ai plus de doute son mon type, c’est aussi grâce à notre bien-aimée Fabienne qui m’a fait savoir que les HPI (dont je fais partie) avaient plus facilement accès aux 8 fonctions.

    Après lecture de l’article, un point en particulier a retenu mon attention: tu suggères que les INFJ ont une plus grande facilité à structurer leur propos, si j’ai bien compris, grâce à Ti.

    Personnellement, structurer mon discours et le dérouler de façon cohérente est une habitude qui ne me fatigue pas vraiment, au contraire: j’aime savoir que mes interlocuteurs me comprennent et adapte en général mes explications en fonction de la compréhension de l’autre.

    Ma question est donc la suivante (même si elle n’est pas sous la forme d’une phrase interrogative simple): je pensais que l’organisation de l’idée que je transmets était plutôt liée à Te (efficacité) qu’à Ti. Cela dit, je comprends encore assez mal Ti, et j’ai du mal à la différencier de Te. En gros, ma vision des chose est: Te va prioriser l’efficacité (on est dans Age of Empire), et Ti la logique (plutôt Portal ou the Talos Principle).

    Bref, Ti me paraissait découler davantage d’un processus interne que d’une expression externe. Mais encore une fois, j’ai du mal à cerner Ti (qui est théoriquement ma fonction démon en tant qu’INFP, ça me parait donc… ben logique).

    La structure (ou non-structure) d’un discours est-elle donc plus liée à une fonction en particulier, ou alors cette facilité de l’INFJ découle-t-elle de l’agencement de ses fonctions dans la pile ?

    1. Bonjour Lucas,

      Pour l’organisation des idées de l’INFJ, je pensais plus à l’agencement Ni + Fe + Ti qu’à Ti toute seule. Ti aide à classer les choses dans la tête, mais ça ne me semble pas suffire pour produire un discours structuré. (Pour penser la structure oui, mais pour l’extérioriser, en effet ce n’est pas son rôle…)

      La dominante Ni + la fonction de décision extravertie fait que le sujet est naturellement focalisé sur une finalité : donc dans son discours, en général il sait déjà où il va, ce qu’il veut dire, il visualise le résultat qu’il veut… Et toute sa manière de réfléchir et de s’exprimer va dépendre de ce point de fuite. (Ni : « Quel est mon point de fuite ? », Fe : « Comment vont réagir les gens, comment m’y adapter ? », Ni-Fe : « Comment communiquer pour construire ma vision ? ».) Je trouve ça moins visible chez les INFJ que chez les INTJ, parce que les INFJ vont plus arrondir les angles et ménager leur interlocuteur. Mais on sent quand même une guidance assez forte, quoique souvent chaleureuse.

      Alors qu’un INFP n’a pas ce focus « transcendant », et en plus n’a pas (dans la plupart des cas) de propension à essayer d’influencer son environnement. Il est plutôt dans l’idée de respecter l’essence des choses et de les laisser évoluer à leur rythme, en donnant éventuellement de petites impulsions. Et ça se ressent dans sa façon de communiquer, qui va plus « avec le courant ». Il se pose quelque part, il est ce qu’il est, et il voit si ça inspire l’autre. (Sauf s’il est en mode Te, mais ce n’est pas sa façon de communiquer habituelle, quoi.) Bien sûr ce sont des généralités, mais globalement je constate cette différence de vibes entre INFJ et INFP.

      J’ai déjà croisé des INFP avec une très bonne capacité à structurer leur discours : c’est possible de travailler sur Te pour y parvenir. (De la même façon qu’un INJ peut apprendre la méditation de pleine conscience ou le beach volley même avec Se-inf…) Par contre, j’ai toujours eu l’impression que cela leur avait demandé un effort pour y parvenir, car ce n’était pas un talent inné. C’est possible aussi que certains INFP travaillent sur leur Te malgré eux, parce que l’environnement (école, travail…) fait pression sur eux. Le HPI ça aide, aussi. Tous les INFP HPI que j’ai croisés avaient un bon usage de Te – sauf en cas de grosse fatigue/stress, et c’est là qu’on voit que c’est une inférieure.

      La Chouette

      1. Merci pour cette réponse détaillée !

        C’est vrai que je me reconnais pas mal dans le paragraphe sur l’INFP: être et respecter.

        Le Te chez moi est effectivement prononcé dès lors que je constate qu’il m’aide à remplir des objectifs. En planifiant mes semaines, en organisant mon travail, je constate bien plus de résultats (et ce dans tous les domaines, allant de l’art aux papiers en passant par le bien-être). Cela me demandait pas mal d’efforts au départ pour intégrer cette facette, et encore plus pour suivre le plan que je me fixais. Depuis, la fonction a plutôt tendance à m’apaiser: je sais que je suis dans les clous si je suis mon planning, et que j’avance vers ce que je veux. Du coup, plus d’angoisse de ne pas faire assez ou d’être en retard…

        Je me reconnais également dans la grosse fatigue: c’est en général Fi-Ne qui domine dans ces moments-là, mais mon Te reste quand même présent. Rien qu’hier soir encore: je n’étais plus capable d’écrire, alors j’ai décidé de passer à une séance de yoga à la place, qui me prendrait moins de temps. C’est là que mon Te a surgi pour dire: alors ok on décale, mais à la condition de faire d’autres trucs en amont pour avancer la journée de demain.

        Je suis assez frappé par l’exactitude de ton propos sur le fait de ne pas vouloir influencer l’extérieur: c’est ce qui me fait avoir tellement de mal à participer à des mouvements dont j’admire la cause, par exemple, alors que je suis persuadé de leur bien fondé.

        Ravi d’avoir pu échanger avec toi en tout cas 🙂

  3. Tout d’abord, un immense merci à Fabienne et La Chouette pour vos articles et podcast, c’est un plaisir de vous écouter/lire, je vérifie/j’enrichis mes connaissances et je ressors toujours apaisée/stimulée après avoir écouté/lu des personnes qui partagent en grand partie le même fonctionnement que le mien 🙂

    J’étais touchée en lisant tout l’article et notamment ce passage :
    « Toutefois, à mesure que votre Ti émerge, vous ressentez de plus en plus le besoin de vous recentrer sur qui vous êtes réellement. Un long travail personnel sera nécessaire pour trouver et renforcer cette connexion, si naturelle chez l’INFP. »
    Je suis de type INFJ et j’ai effectivement eu ce besoin de mieux me comprendre/me découvrir après une grosse crise dans ma vie qui a commencé en 2016-2017. C’est là que je me suis mise à lire des essais et des livres de développement personnel, moi qui me réfugiais dans des romans et des BD. Seuls les univers fictifs m’intéressaient puis découvrir la psychologie, la sociologie, le MBTI, l’ennéagramme, la CNV, etc., m’a comme ouvert des portes. Enfin, je respirais !
    J’ai aussi réalisé après-coup à quel point Fe prenait trop de place dans ma vie, au point de me sentir dissoute dans le groupe (et avec zéro confiance dans mes propres pensées + comme ça a été dit, la frustration de ne pas pouvoir partager mes fantaisies Ni).
    L’écriture a été salvatrice, que ça soit des articles de blog puis mon journal que j’écrivais pour moi seule, sans le publier… (oui, parce qu’avec le blog, je laissais trop Fe vouloir récolter l’approbation des autres donc je me censurais !)
    Et enfin, j’ai aussi vécu ce truc de « observer les autres et les faire passer avant moi » car je me rappelle avoir été surprise/choquée quand une camarade de classe au lycée (peut-être ExxJ) m’avait dit que j’avais l’air d’être une « personne qui n’a pas de vie et qui n’a rien à raconter » parce qu’effectivement, j’étais toujours dans la réaction et pas proactive, pas être celle qui lance la conversation ou qui expose son opinion. Alors que j’ai quantité d’idées bizarres/de réflexions qui tournent dans ma tête… mais je les partage rarement ou seulement avec des personnes plus proches ! (En tout cas, l’observation de cette fille me permet aujourd’hui de confirmer certaines choses, même si je l’ai mal pris à l’époque, j’ai de la gratitude maintenant, c’est la seule qui a osé me faire une telle remarque durant toute ma scolarité).

    Merci encore pour cet article et je serai au RDV pour lire le prochain 🙂

    1. Fabienne - PsychoPersonnalité

      Hello Sariaka, merci d’avoir pris le temps pour ce commentaire.
      Ravie de savoir que les articles et podcasts font écho à ton propre fonctionnement.
      À bientôt pour la suite !
      Au plaisir 🙂

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